Identité à chronologie variable

Publié le par Pfiffer

Le débat sur l'identitéfrance-coloniale.jpg nationale me rend béat, c'est certain.
Vous en doutez ? Allez là : Se palucher devant Dark V !

En revanche, la béatitude n'empêche nullement l'hébétude, voir l'incompréhension.

Soyons clairs : derrière ce débat, les forces vives, bien ou mal pensantes, de l'hexagone (figure géométrique à tendance post-nationale) parlent toutes d'un seul et même sujet : les défis que l'immigration pose à notre... hexagone.

Et là, commence l'incompréhension.

En 2010, les forces vives bien pensantes nous louent, toutes en choeur, les avantages de la société multiculturelle, du dépassement du cadre national et étriqué.
J'entends préciser que par forces vives et bien pensantes, il convient de retenir toutes celles du vrai-progrès-de-la-vie-tolérante-qui-chante-l'amour ! Elles sont reconnaissables habituellement par un tel sérieux dans l'amour à porter à autrui et à l'égalité qu'aucun humour ne peut les détourner de leur mission civilisatrice.
Grossièrement, du centre à l'extrême gauche, vous obtenez toutes les palettes de cet aéropage progressiste.

Pour eux, aucun problème à l'horizon. La France est multiculturelle et l'a d'ailleurs toujours été. Toute référence à quelques éléments d'histoire trop chrétiens, ethniques ou gallicocentrés est forcément clivante et, à ce titre, est rejetée contre toute évidence historique.

En 1960, ces mêmes forces expliquaient à la métropole et aux 'européens' d'Algérie que le droit des peuples à l'autodétermination commandait une séparation des départements algériens de l'hexagone. Cette terre était sous autorité française depuis 1830, soit 130 années de présence française. L'Algérie, en 1960, connaissait 30 années de plus de présence 'hexagonale' que Nice ou la Savoie. Mais pour les forces vives bien pensantes, bref progressistes, il était évident que ces départements là n'étaient pas 'hexagonaux'. En tout cas, il ne s'agissait manifestement pas du même peuple puisque l'un pouvait 's'autodéterminer' contre l'autre.
 
Donc en 1960, pour le progressiste, l'évidence était que l'hexagone ne pouvait pas accepter les départements algériens et leurs 10 millions d'habitants. En 2010, pour ce même progressiste, l'hexagone peut accepter toutes les cultures et l'immigration ne pose aucun problème, quelques soit le nombre de migrants.

Je crains un souçon d'idéologie dans ce grand écart.

Un grand écart que l'on retrouve d'ailleurs, en figure exactement inversée, du côté des forces vives mal pensantes...

Or, l'inverse d'un grand écart  reste un grand écart. Sans refaire toute un démonstration absolument parallèle, regardons deux minutes les fils spirituels et la famille de pensée de l'Algérie française.

En 2010, ils nous exposent que l'hexagone est envahi. La France éternelle est atteinte au coeur par l'arrivée massive depuis quelques années de centaines de milliers (de millions ?) d'individus d'origine étrangère, non assimilables.  Différence de culture, différence de religion, autant de raisons invoquées à l'appui d'une intégration impossible.

En 1960, les mêmes ou leurs parents exposaient que les départements algériens pouvaient (devaient) rester français. Ces départements comptaient alors 10 millions de musulmans qui seraient immédiatement devenus pleinement français, citoyens du même hexagone.

Donc en 1960, pour le défenseur de la France éternelle, l'hexagone pouvait immédiatement assimiler 10 millions d'habitants n'ayant ni la même culture, ni la même religion dominante mais en 2010, cela n'est plus possible.

Je crains là encore un soupçon d'idéologie dans ce grand écart.


Bref, ne reste que la droite dite parlementaire, les descendants des gaullistes de 1960 en quelque sorte. Où sont-ils dans ce débat ?

Comme en 1960, ils font le contraire de ce qu'ils disent, et disent le contraire de ce qu'ils font... Vieille tradition de cette droite française qui s'échine à résoudre la quadrature du cercle.

A moins qu'il ne s'agisse du calcul de rodontité de l'hexagone.

Ok, je sors et retourne immédiatement à l'étude de mon droit canonique.
Parole de Pikkendorff

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